L’Institut

L’implantation Marché-aux-Grains

Un lieu d’enseignement au cœur de Bruxelles, entre patrimoine et vie scolaire

Située au 24, place du Nouveau-Marché-aux-Grains, à 1000 Bruxelles, l’implantation Marché-aux-Grains de l’Institut De Mot-Couvreur occupe un ensemble architectural dont l’histoire remonte à la fin du XVIIIème siècle.

Derrière ses façades se lit une succession de transformations qui accompagnent plus d’un siècle d’histoire scolaire bruxelloise. Ancien hôtel de maître, école primaire, extensions successives et nouveaux bâtiments : l’ensemble s’est progressivement développé pour répondre aux besoins de l’enseignement tout en conservant une forte identité architecturale.

Façade néoclassique de l’ancien hôtel de maître, place du Nouveau-Marché-aux-Grains, avec son avant-corps central surmonté d’un fronton

D’un hôtel de maître à une école

L’histoire du site commence avec un ancien hôtel de maître construit à la fin des années 1780 par l’architecte C. F. Mosselman.

La Ville de Bruxelles acquiert le bâtiment en 1879 afin d’y installer l’école primaire n°3. L’édifice initial, tourné vers la place, présente un plan en L et une façade de style néoclassique.

Cette façade se caractérise notamment par :

  • cinq travées réparties sur trois niveaux ;
  • un avant-corps central surmonté d’un fronton ;
  • un soubassement en pierre ;
  • des étages initialement enduits ;
  • une toiture marquée dans son axe par un pavillon carré.

L’accès historique s’effectue par un ancien passage qui conduit vers l’intérieur de l’ensemble scolaire.

Une école qui s’agrandit

Quelques années après l’acquisition du bâtiment, l’architecte de la Ville Victor Jamaer (1825-1902) est chargé d’adapter l’ancien hôtel de maître et de développer de nouveaux bâtiments scolaires à l’arrière de la parcelle.

Les nouvelles ailes sont dessinées entre 1881 et 1884 puis réalisées entre 1884 et 1888.

L’ensemble s’organise autour d’une cour de récréation et d’un préau.

Les bâtiments scolaires développés à cette époque sont construits sur plusieurs niveaux. Les classes des étages sont desservies par des couloirs tandis qu’une galerie longe le rez-de-chaussée.

Cette organisation architecturale donne progressivement au site sa physionomie d’établissement scolaire organisé autour de cours, de galeries et d’espaces collectifs.

Plans historiques de l’école du Marché-aux-Grains : plan du rez-de-chaussée, plan d’étage et coupe du projet d’école primaire de garçons
Plans historiques de l’école du Marché-aux-Grains. Ces documents montrent l’évolution progressive du site scolaire et les différentes campagnes d’agrandissement menées à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.

Un patrimoine architectural remarquable

Certains éléments donnent au bâtiment son caractère particulier.

Le préau historique repose sur une structure métallique et vitrée. Les façades associent la pierre, la brique et les surfaces enduites.

Un détail patrimonial mérite une attention particulière : le tympan d’une porte donnant vers la cour est orné d’un bas-relief réalisé en 1886 par le sculpteur Julien Dillens (1849-1904) et représentant un groupe d’enfants.

L’architecture joue également sur le rythme des fenêtres, des pilastres de brique rouge et des bandeaux de pierre qui structurent les différents niveaux.

Une nouvelle extension au début du XXème siècle

À partir de 1913, l’école connaît une nouvelle phase importante d’agrandissement.

Le projet est confié à l’architecte Jules Rau (1854-1923). Les travaux, entrepris pendant la Première Guerre mondiale, sont finalement achevés pour la rentrée de septembre 1918.

Cette extension est réalisée du côté de la rue Rempart des Moines, sur un terrain acquis par la Ville.

L’objectif est alors de développer considérablement la capacité de l’établissement et de permettre l’organisation d’une école de garçons distincte de celle des filles.

Les plans historiques reproduits dans le document montrent l’importance de cette transformation et l’organisation du nouvel ensemble autour de plusieurs ailes et cours.

Des espaces conçus pour apprendre et pratiquer

L’extension de Jules Rau ne comprend pas uniquement des salles de classe.

Les documents historiques mentionnent notamment :

  • des classes ;
  • une salle de gymnastique ;
  • un musée scolaire ;
  • des ateliers consacrés notamment au cartonnage ainsi qu’au travail du fer et du bois ;
  • une salle de fête avec une scène.

Le bâtiment témoigne ainsi d’une conception de l’école où les apprentissages ne se limitent déjà plus à la salle de classe : activités physiques, pratiques, artistiques et collectives disposent de leurs propres espaces.

Une architecture pensée comme un ensemble

Malgré les différentes périodes de construction, les architectes ont cherché à maintenir une cohérence entre les bâtiments.

L’extension conçue par Jules Rau reprend ainsi plusieurs caractéristiques des constructions antérieures de Victor Jamaer :

  • utilisation de la brique rouge pour souligner certains éléments ;
  • présence de pierre bleue au niveau du rez-de-chaussée ;
  • rythme régulier des fenêtres ;
  • galeries structurées par des colonnes ;
  • arcs en brique au-dessus de certaines ouvertures.

Cette continuité explique l’unité visuelle que l’on perçoit encore lorsqu’on découvre l’ensemble depuis les cours et les galeries.

Un bâtiment marqué par l’histoire de Bruxelles

Une partie de l’école est gravement endommagée lors du bombardement aérien du 28 mai 1944.

Elle est reconstruite après la Seconde Guerre mondiale.

Cette reconstruction constitue une nouvelle étape dans l’histoire d’un site qui a donc traversé plusieurs périodes importantes de l’histoire de Bruxelles tout en conservant sa vocation scolaire.

Aujourd’hui : l’implantation Marché-aux-Grains de l’IDC

Aujourd’hui, cet ensemble historique constitue l’une des deux implantations de l’Institut De Mot-Couvreur.

Élèves et membres du personnel y évoluent quotidiennement dans un environnement où coexistent différentes périodes de l’architecture scolaire bruxelloise.

Cours, galeries, préaux, façades et bâtiments témoignent ainsi de l’évolution progressive d’un établissement conçu, agrandi et transformé au fil des besoins de l’enseignement.

Un lieu d’école n’est pas seulement constitué de murs : il porte aussi l’histoire des générations d’élèves et de membres du personnel qui l’ont fréquenté.

Cour de l’implantation Marché-aux-Grains avec ses façades de brique et de pierre et la tour surmontée d’une girouette en forme de navire

Découvrir l’implantation

Frise chronologique

  1. Fin des années 1780Construction de l’hôtel de maître par C. F. Mosselman
  2. 1879Acquisition par la Ville de Bruxelles et installation de l’école primaire n°3
  3. 1881-1884Conception des premières extensions par Victor Jamaer
  4. 1884-1888Construction des nouvelles ailes scolaires
  5. 1886Réalisation du bas-relief de Julien Dillens
  6. 1913Début d’un nouvel agrandissement sous la direction de Jules Rau
  7. Septembre 1918Achèvement de cette nouvelle extension
  8. 28 mai 1944Une partie de l’école est gravement endommagée par un bombardement
  9. Après-guerreReconstruction des parties touchées